Interview de l’historien Onnik Jamgocyan sur Les Francs-Maçons et la Renaissance Culturelle Arménienne à Constantinople et à Smyrne des années 1840-1880

Krikor Amirzayan : Votre livre sur les Francs-Maçons Arméniens insiste sur leur contribution à la vie culturelle de notre peuple. Pouvez-vous dire en quoi ?

Onnik Jamgocyan : La jeunesse arménienne – les futurs Francs-Maçons – apporte l’Europe à Constantinople et met en marche une renaissance culturelle. Ces jeunes comprennent en premier l’importance de la langue.

Ils savent qu’on doit lire en arménien dans une langue compréhensible. D’où la nécessité d’en finir avec ces publications en “krapar“, l’arménien littéraire, et mettre en place “l’achkharhapar“, littéralement “la langue du monde“. Celle-ci est destinée au peuple et doit être comprise par tous. Les premiers titres édités sont “la Sériciculture“ (Medaksapanoutioun) de Hagop Guerdjikian (1845), un Franc-Maçon, “Voyage à Babylone“ (Oughévoroutioun i Babilon) de Parounag Bey Ferouhkhan également un Franc-Maçon et au nombre des fondateurs de la loge arménienne Ser de Constantinople, les “Principes de Chimie“ (Kimiagan kidoutian sgzpounk) de Hovhannes Vahanian dit Vahan Effendi (1853) également Franc-Maçon. Le combat contre les anciens est porté par Krikor Odian, le P. Timothée Tinghir, moine mekhitariste né dans l’illustre famille des banquiers catholiques de la Monnaie de Constantinople et Nahabed Roussignan, un Franc-Maçon connu comme le chantre de la Cilicie. Il s’attire en 1853 les foudres des conservateurs avec son “Oughghakhossoutioune“, le « parler juste », une critique envers la langue des anciens. Ces jeunes veulent réformer leur langue. C’est leur seul moyen pour apporter la modernité à Constantinople, introduire un changement, se faire comprendre des générations futures.

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